re-nouveau.

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# Posté le mardi 06 novembre 2007 10:15

Happy end.

Tout le monde riait aux éclats, petits et grands, sans aucune contenance. On allait des gros rires gras aux petits couinements, en passant par les bruyantes respirations de ceux qui, incapables de reprendre leurs souffles, semblaient agonisés. Seule elle, le regardait fixement, sans qu'aucune étincelle n'illumine ses yeux, ni même que ses lèvres ne s'étirent en un simple sourire. Elle s'était installée sur le plus haut des gradins, face au grand rideau rouge sang qui s'ouvrait sur la piste. Dès qu'il était apparu, qu'il s'était avancé au centre de l'arène, l'atmosphère avait changée. Après la tension palpable qui s'était installée au numéro précédent, un relâchement général s'était établi. Il était là, seul, avec son costume multicolore, sa collerette ornée d'une multitude d'étoiles brillantes, ses cheveux en plastique rouge entremêlés, son chapeau melon en feutrine verte, son incontournable nez rouge et son immense sourire béat scotché au visage, que seul un bon démaquillant et une quantité de coton arrivaient à lui ôter. De suite, il avait commencé ses pitreries. Il avait marché, de sa démarche chaloupée, qui elle seule suffisait à déclencher une salve de rires, s'empêtrant dans ses immenses chaussures, pour finalement se retrouver par terre, la face dans la poussière et les fesses pointées en l'air. Non, résolument, elle n'arrivait pas à rire. Elle essaya de se forcer, se disant qu'une fois que se serait partie, elle trouverait enfin cela drôle, mais le c½ur n'y était pas. Elle trouvait la scène pathétique. Comment pouvait on rire d'un type qui faisait exprès de se casser la figure devant une foule de personnes ? Autant, quand elle voyait un inconnu dans la rue rater la marche d'un trottoir elle esquissait un sourire et réprimait un éclat de rire (dans la mesure où il ne se fracassait pas la tête contre le bitume) autant là, les rires la blessaient. Il finit par se relever, en dix fois plus de temps qu'il n'en faut vraiment. Tout n'était qu'artifice, de ses gestes maladroits aux grimaces grotesques qui le défiguraient. Il s'assit sur un siège pliant, et fini une nouvelle fois par terre, malgré tout le mal qu'il s'était donné pour le déplier et tout les doigts qu'il s'y était coincé. Elle se dit que si cela était arrivé à son beau frère snob et prétentieux, elle aurait adoré. Mais une fois encore, son c½ur se serra, et elle eut de la peine pour lui, de le voir ainsi accoutré, empêtré avec son siège, et rampant sur le sol sablonneux de la piste. C'était pourtant un métier magnifique, faire rire les gens. Elle avait la désagréable impression d'avoir un c½ur de pierre. Mais qu'y pouvait elle vraiment ? Le gosse à côté d'elle riait à gorge déployée, si fort qu'il lui en perçait les tympans. Mais soudain, son rire se transforma en beuglements furieux et désespérés, le temps qu'elle se retourne, il agonisait faiblement, son râle fini par s'éteindre. Un clown et un pop-corn. Cela avait suffit. Autour d'eux les rires continuaient à fuser : le clown se retrouvait à terre pour la troisième fois.
Happy end.

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 15:04

Modifié le dimanche 23 septembre 2007 18:06

Et chantons plus fort pour couvrir l'écho glaçant, des orgues de la Barbarie.

Et chantons plus fort pour couvrir l'écho glaçant, des orgues de la Barbarie.
*


Vous entendez le grondement des rues ? Le pavé qui murmure,
Et qui grogne car il adhère à la rumeur ?
Et vous sentez la peur parcourir chaque pierre ?
Cette nuit on fait s'effondrer les fondements dans l'euphorie,
Et la foule déverse la folie.
On peut tout laisser aller s'oublier tant que la fanfare martèle,
Et force la parade à râler.
On va transpirer. C'est pas compliqué.
On va laisser l'instinct nous inspirer,
Et profiter de l'air pollué qu'on a la chance de respirer.


Allez, entrez dans la ronde, laissez guidez vos pas,
Par la fanfare qui gronde. Pavanez-vous à Paris !

Inondés par l'immonde, cela ne vous touche pas,
Mais vous tremblerez quand résonneront les orgues de Barbarie.



Plus rien ne compte alors profitez de l'élan,
Laissez le plaisir vous envahir doucement.
On ne pense plus aux femmes invisibles sous les voiles,
Aux enfants monstres avec des membres déchiquetés,
On oublie les échangistes dans les clubs catholiques,
Les peuples hydrocéphales devant des tubes cathodiques.
On pense plus à rien, on boit,
Et on ferme les yeux.


Allez, entrez dans la ronde, laissez guidez vos pas,
Par la fanfare qui gronde. Pavanez-vous à Paris !

Inondés par l'immonde, cela ne vous touche pas,
Mais vous tremblerez quand résonneront les orgues de Barbarie.



Peut-être un besoin refoulé de vous excuser,
De n'être que de vulgaires chanceux accidentés.
Qui nourrissent d'exquis petits soucis d'occidentaux.
Ne soyez pas pédants, criez en l'honneur,
Des poètes occis à qui on a tranché les mains,
Des petites excisées qu'on a édenté,
Et des enfants affamés dont les mains s'oxydent en tenant des fusils.
Des classes brisées à l'usine broyées sous les capitaux,
Des fanatiques qui s'éparpillent et s'éclatent,
Ceinturés de dynamite et des psychopathes,
Qui ouvrent le feu de l'artifice sous le chapiteau.
Pour vous tout est spectacle !
Oublions tout des atrocités de l'ironie,

Et chantons plus fort pour couvrir l'écho glaçant,
Des orgues de la Barbarie.


[Syrano- Les orgues de Barbarie]
Juste un gros coup de ... Sinon, à part ça, ben j'ai mon code = D

# Posté le samedi 22 septembre 2007 13:57

Modifié le dimanche 23 septembre 2007 01:22

Article sur la rentrée, qu'il serait tant que je fasse, avant que ça ne soit plus d'actualité.

Article sur la rentrée, qu’il serait tant que je fasse, avant que ça ne soit plus d’actualité.
*


Après avoir passé deux mois à papillonner de fleur en fleur, la tête dans les étoiles et le c½ur perché sur un nuage, après avoir passé deux mois d'insouciance totale, avec pour seule préoccupation de savoir si le soleil allait être de sortie pour permettre à notre malheureuse enveloppe charnelle d'absorber encore plus d' UV, alors qu'elle a déjà largement atteint son cota, après donc ces deux mois bénis, ces deux mois de paradis, ces deux mois de vacances, plus communément appelés Juillet et Août, nous voilà repartis sur le chemin de l'école. Dix mois avant les prochaines grandes vacances. Dix mois à faire ce même trajet, matin et soir, l'air morne. Dix mois à passer ses soirées le stylo dans la main, une feuille devant soi accompagnée d'un livre ouvert. Dix mois à les observer, eux, nous réciter leur pièce en faisant des gestes plus ou moins spéciaux (ouais certains sont des adeptes du 'comique de gestes'), essayant de comprendre, parfois vainement, ce qu'il tentent de nous faire assimiler.

J'espère que vous avez tous passé une bonne rentrée, et je vous souhaite bien sur bon courage pour toutes les terribles épreuves qui nous attendent.

# Posté le samedi 08 septembre 2007 12:03

Modifié le samedi 08 septembre 2007 23:47